À Pignerol, la pierre enferme les hommes comme elle enferme les secrets. La forteresse ne connaît ni le jour ni la nuit, seulement des corps contraints, surveillés, éprouvés.
Dans la cour basse, à l’abri des regards officiels, deux soldats luttent. Pas d’armes. Pas d’uniformes. Leurs torses nus luisent de sueur, leurs mains cherchent la prise juste, la faille, le déséquilibre. Chaque mouvement est précis, presque rituel.
Louis observe. Il reconnaît dans cette lutte quelque chose de plus ancien que la guerre : une manière pour les hommes de se mesurer sans tuer, de transformer la violence en règle, la peur en geste maîtrisé.
