Charles du Barail

Romans historiques entre Camargue, Versailles et les galères du Roi

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Revue de presse et mentions médiatiques autour des romans de Charles du Barail.

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Dans la presse

Midi Libre — 8 juillet 2026

Article Midi Libre du 8 juillet 2026 : Charles Barail ressuscite les seconds rôles du Grand Siècle

Article reproduit avec l'aimable autorisation de la journaliste.

« Charles Barail ressuscite les seconds rôles du Grand Siècle » — La Grande-Motte

Dans cet article, Midi Libre revient sur la genèse de L'Homme de l'ombre du Roi-Soleil, né de recherches généalogiques sur des ancêtres réels du XVIIe siècle. Charles Barail, qui publie sous le nom de plume Charles du Barail en hommage à ses ancêtres du Grand Siècle, y raconte comment il a redonné voix à des personnages restés dans l'ombre des archives, dont Henri de Barail, gentilhomme gascon, et Louis le Prévôt du Barail, décoré par Louis XIV. Le roman entraîne le lecteur dans les coulisses de Versailles, entre intrigues de cour et grandes affaires d'État.

Chronique littéraire

Ceux que l’Histoire enchaîne…

Avec Le Sel et La Chiourme, Charles du Barail entreprend une fresque historique âpre et charnelle sur les oubliés du Grand Siècle. Derrière les faux-sauniers et les galériens, une même question : que reste-t-il d’un homme lorsque le pouvoir entreprend de lui retirer jusqu’à son nom ?

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Il faut se méfier des romans historiques trop bien renseignés. Ils sentent parfois la bibliothèque avant de sentir la vie. Charles du Barail semble avoir choisi le chemin inverse. Dans Le Sel et la Potence, on ne pénètre pas le XVIIe siècle par ses dates, ses batailles ou ses grands hommes, mais par les narines : vase, saumure, sueur, goudron, cuir mouillé. L’Histoire n’est pas ici un décor. Elle colle à la peau.

Les deux premiers volumes suivent Gaspard Vuillard et Basile Pinel, enfants des marais de Peccais que la contrebande du sel confronte bientôt à une puissance infiniment plus grande qu’eux. Mais le véritable sujet de Charles du Barail n’est ni la gabelle ni même la galère.

C’est ce qu’on ne parvient pas à enlever à ceux que l’on veut soumettre.

Le Sel est d’abord un livre d’horizons. Étangs, roseaux, oiseaux, chemins clandestins : Gaspard et Basile grandissent dans un monde pauvre et dangereux, mais extraordinairement libre. Le sel y est partout : paysage, gagne-pain, marchandise et piège. Il appartient au roi avant d’appartenir à ceux qui vivent dessus. Toute la violence sociale du roman tient dans cette absurdité concrète.

Charles du Barail est d’ailleurs meilleur lorsqu’il ne la commente pas. Ses personnages n’ont pas besoin de disserter sur l’injustice : ils en éprouvent les conséquences. Le pouvoir demeure lointain, presque abstrait, jusqu’au moment où ses décisions viennent bouleverser des existences.

La Chiourme inverse alors le mouvement du premier livre.

Le Sel était un livre d’horizons ; La Chiourme est un livre de clôture. Aux paysages succèdent les murs ; aux chemins, les rangs ; à la liberté des corps, leur mise au pas.

C’est là que le projet romanesque prend toute sa force. L’auteur décrit moins la galère comme un lieu que comme une entreprise de transformation. L’homme y devient corps, le corps devient outil, et l’outil finit par devenir matricule.

Toute la saga pourrait presque tenir dans cette substitution : un pouvoir efface un nom et inscrit à sa place une condition.

Charles du Barail a surtout l’intelligence de ne pas transformer ses personnages en statues. Il refuse le panache artificiel, les héros qui souffrent noblement et les résistances spectaculaires. Gaspard et Basile ont peur, souffrent, vacillent. C’est précisément ce qui rend leur résistance crédible.

Car ils possèdent une arme dérisoire : ils sont deux. Le premier volume avait patiemment construit entre eux une amitié indéfectible, fraternelle et virile. Le second en révèle la nécessité. Lorsque l’institution travaille à réduire chacun à sa condition, il reste quelqu’un qui se souvient de l’homme d’avant. Leur lien devient alors moins un sentiment qu’une manière de préserver son identité.

La cruauté de La Chiourme n’est d’ailleurs jamais aussi forte que lorsqu’elle cesse d’être seulement physique. Le roman montre comment une société peut s’habituer à considérer certains hommes non plus comme des semblables, mais comme une catégorie. La violence ne consiste plus seulement à punir : elle consiste à faire accepter leur déshumanisation.

L’écriture possède pourtant ses excès. Charles du Barail aime la phrase brève, le fragment, l’opposition martelée, la sentence qui referme une scène. Le procédé frappe juste ; sa répétition le rend parfois trop visible. Le narrateur explique également, à l’occasion, une émotion que la scène avait déjà parfaitement transmise. Le Sel, notamment, gagnerait ici ou là à davantage de contraction. Le romancier aime son monde et ses personnages au point de ne pas toujours savoir les quitter.

Mais ces réserves sont celles que suscite une œuvre abondante, non une œuvre sans voix.

Car Le Sel et la Potence possède quelque chose que ni la documentation ni la technique ne suffisent à produire : un territoire. La Camargue de Charles du Barail n’est pas une carte postale historique. Elle forme ses hommes. Sa langue, ses eaux, ses oiseaux, sa pauvreté fabriquent une identité qui résiste au pittoresque.

Et surtout, cette saga regarde le Grand Siècle depuis un endroit inhabituel.

Pas Versailles, mais ses conséquences.

Le pouvoir reste loin, mais ses décisions voyagent. Elles entrent dans les villages, traversent les familles et finissent par atteindre les corps. L’Histoire officielle conserve les ordonnances et les condamnations ; Charles du Barail choisit ceux qui doivent vivre avec.

Un troisième volet annoncé, Les Révoltées — Pour la Foi, devrait déplacer encore le regard en suivant trois femmes prises dans le combat des huguenots camisards. Après ceux que le pouvoir condamne, le projet semble ainsi vouloir s’intéresser à celles qui décident de lui résister.

Charles du Barail n’a pas débarrassé sa prose de tous ses effets. Mais il possède l’essentiel : un monde que l’on reconnaît, des personnages dont on redoute la perte et une attention obstinée pour ceux que les récits officiels relèguent à leurs marges.

Au fond, Le Sel et la Potence raconte autant l’asservissement des corps que la résistance des êtres : cette part d’humanité que le pouvoir peut meurtrir, mais qu’il ne parvient pas à soumettre.

Bandes-annonces des romans

Le Sel et la Potence, puis les versions française et anglaise de L'Homme de l'ombre du Roi-Soleil.

Le Sel et la Potence

L'Homme de l'ombre du Roi-Soleil

In the Sun King's Shadow

Rencontre littéraire

Les Interviews Littéraires du Colibri Rouge

Rencontre avec Charles du Barail, par Naomi Titov

Pouvez-vous nous parler de votre dernier ouvrage ? Quelle en est l'inspiration principale ?
L'Homme de l'ombre du Roi-Soleil est un roman historique inspiré de personnages et de faits réels du XVIIe siècle. Il s'attache à ceux qui agissent dans l'ombre du pouvoir : serviteurs, intermédiaires, témoins discrets sans lesquels l'Histoire ne fonctionne pas. Le roman explore la tension entre devoir, corps et loyauté dans un siècle obsédé par l'apparence et la morale.

Comment décririez-vous votre processus d'écriture ?
L'écriture vient après un long travail de recherche. Je cherche d'abord la justesse historique et humaine, puis seulement la forme littéraire.

Quelle est la partie la plus difficile de l'écriture pour vous ?
Élaguer. Savoir retirer ce qui est exact mais inutile au récit.

Comment développez-vous vos personnages ?
À partir des archives, des silences des sources, et des contraintes sociales de l'époque. Je n'écris pas des héros modernes déguisés en anciens. Mon roman se déroule fin XVIIe et début XVIIIe siècles. Peu de chances pour de l'autobiographie.

Avez-vous une routine de recherche particulière pour vos livres historiques ?
Archives, mémoires, correspondances, documents notariés. Le roman s'appuie sur des sources réelles, même lorsque la fiction prend le relais.

Comment gérez-vous les critiques de vos œuvres ?
Avec distance. Le livre n'appartient plus à l'auteur une fois publié.

Quel(s) auteur(s) vous ont le plus influencé ?
Les mémorialistes du Grand Siècle, plus que les romanciers contemporains.

Si vous pouviez dîner avec n'importe quel auteur, qui choisiriez-vous ?
Michel de Montaigne, pour sa lucidité sur les contradictions humaines.

Quel conseil donneriez-vous aux écrivains en herbe ?
Lire les sources avant d'écrire sur elles.

Comment voyez-vous l'évolution du monde de l'édition avec le numérique ?
Plus rapide, plus bruyante, mais la littérature sérieuse reste une affaire de temps long. Les réseaux sont nécessaires.

Avez-vous des projets futurs ?
La poursuite de ce travail autour du XVIIIe siècle et de ses zones d'ombre.

Une anecdote sur votre parcours d'écrivain ?
Le roman est né d'une recherche généalogique qui a débordé vers la fiction.

Votre citation préférée sur l'écriture ?
« Nous sommes deux en nous-mêmes, dont l'un est en tutelle de l'autre. » — Montaigne, Essais, III, VIII.

Site officiel du roman : charlesdubarail.com

Interview réalisée par Naomi Titov pour Les Interviews Littéraires du Colibri Rouge, une rubrique gratuite dédiée aux auteurs et autrices.
Plus d'informations : www.naomititov.com

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